Dans les coulisses d’une formation ATPL intégrée : simulateur et vie d’élève pilote

Photo : Alexandre Daoust / Unsplash

Vous avez peut-être déjà posé un avion virtuel sur une piste de Nice ou de Paris, manette en main, depuis votre canapé. Les élèves pilotes de ligne passent eux aussi des dizaines d’heures devant des écrans, mais dans des machines certifiées, avec un instructeur assis juste derrière eux. Voici à quoi ressemblent vraiment ces séances, et les journées qui les entourent, pendant les dix-huit mois d’une formation ATPL intégrée.

Oublier le simulateur de salon

Sur un logiciel grand public, le réalisme à l’écran peut être bluffant. Pour une formation professionnelle, ces heures ne comptent pourtant pour rien. Les heures reconnues se font sur des appareils homologués par les autorités de l’aviation civile, contrôlés régulièrement, et toujours sous la responsabilité d’un instructeur.

FNPT II : le simulateur des écoles de pilotage

Dans les écoles de pilotage, le simulateur le plus courant porte un nom barbare : FNPT II, pour Flight and Navigation Procedures Trainer. Il s’agit d’une cabine qui reproduit le poste de pilotage d’une classe d’avion, monomoteur ou bimoteur, sans être la copie exacte d’un modèle précis. Le paysage extérieur est projeté sur un écran qui entoure la cabine, et le poste instructeur, installé à l’arrière, permet de paramétrer la météo, l’heure du vol ou l’état de chaque instrument.

Quant au simulateur géant monté sur vérins, celui des reportages sur les compagnies aériennes, on ne le découvre que beaucoup plus tard.

Son nom : full flight simulator. Il sert surtout à la qualification de type, une fois le pilote recruté par une compagnie pour un type d’appareil donné.

Apprendre la panne avant de la vivre

L’intérêt du simulateur tient en un mot : la répétition. En vol réel, un instructeur ne coupera jamais un moteur au décollage pour voir comment réagit son élève. En cabine, il peut le faire dix fois dans la même séance, figer la simulation au moment où l’avion part en dissymétrie, commenter la position des mains sur les manettes, puis relancer exactement la même situation.

Beaucoup d’élèves se souviennent de leur première panne moteur sur bimoteur. L’élève cherche le palonnier du pied, récite la check-list trop vite, et la vitesse baisse. Et l’instructeur demande de recommencer, calmement, jusqu’à ce que la séquence devienne un réflexe.

Le nombre d’heures de simulateur varie selon les écoles. L’école Aéropyrénées, par exemple, annonce une soixantaine d’heures de simulateur dans son cursus intégré : une quarantaine pendant la formation initiale et une vingtaine pour le travail en équipage.

Posez la question à chaque école que vous visitez, et renseignez-vous aussi sur le modèle des machines et leur disponibilité : quand il faut réserver une cabine trois semaines à l’avance, c’est toute une promotion qui prend du retard.

On travaille aussi beaucoup le vol aux instruments en cabine. Approches dans la brume, arrivée sur une piste invisible jusqu’à la dernière minute, navigation aux seules aiguilles : autant de situations qu’un instructeur peut programmer à la demande, quand le ciel réel reste obstinément bleu.

Travailler à deux dans le cockpit

La dernière étape en simulateur s’appelle MCC, pour Multi Crew Cooperation. Jusque-là, l’élève a toujours piloté seul. Il apprend désormais à répartir les tâches avec un binôme : l’un tient les commandes, l’autre surveille, lit les check-lists et gère la radio, puis les rôles s’inversent. C’est souvent le moment où les élèves se sentent enfin dans la peau d’un copilote.

Tenir le rythme d’une journée d’élève

Briefing avec l’instructeur, séance en cabine, débriefing point par point : une séance de simulateur se prépare comme un vol, et vous y consacrerez facilement une demi-journée. Vous partagez le reste du temps entre la préparation des vols réels, les cours et les révisions.

Pendant une grande partie de la première année, place à la théorie : treize matières validées par des examens sous forme de questionnaires, de la météorologie à la mécanique du vol. Les élèves révisent souvent ensemble, le soir, sur les plateformes d’entraînement mises en ligne par leur école.

Il faut aussi compter avec la météo. Un vol annulé le matin peut se transformer en séance de simulateur l’après-midi. Gardez donc une certaine souplesse : les semaines d’un élève pilote ressemblent rarement à celles d’un étudiant en amphithéâtre. Pour situer chaque étape, la Direction générale de l’aviation civile détaille le parcours réglementaire, de la licence de pilote privé à celle de pilote de ligne, sur sa page consacrée aux licences de pilote d’avion.

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